LE TRAITEMENT ANTIREFLET
I POSITION DU PROBLEME
II PRINCIPE
III EXECUTION
IV MONO ET MULTICOUCHES
V CONCLUSIONS
I POSITION DU PROBLEME
Le traitement antireflet a pour but d'augmenter la transmission et par
conséquent le confort d'utilisation. Il supprime au maximum les reflets
provenant de la réflexion de la lumière sur les dioptres d'une lentille.
Il permet d'augmenter le contraste des images et participe au gain d'acuité.
Les reflets peuvent provenir de lumières parasites venant de face (1).
Peu génants pour le porteur, ils le sont plus pour la personne en face.
Ils sont aussi produits par le dioptre arrière en provenance de luminosité
derrière soi (2).Les derniers sont les reflets internes (3) , moins
intenses que les reflets du dioptre postérieur, ils provoquent une gène
fonctionnelle car ils entraînent un déboublement ressenti comme un voile,
un manque de contraste.

Dans l'exemple ci-dessus, la lumière reflechie de
la lampe parasitera la lumière provenant de la bougie et ne permettra
plus la lecture d'un texte éclairée par la bougie. Un cas semblable
pourrait se présenter pour un skieur sirotant un vin chaud à la terrasse
d'une buvette d'altitude. Equipé avec des lentilles photochromiques
foncées par le soleil, il ne peut pas écrire ses cartes postales car
une luminosité trop importante provient de la montagne enneigée derrière
lui. Il y aura tout interêt à diminuer ce flux parasite en traitant
les lentilles sur les deux faces.Ce traitement permet d'augmenter la
transmission d'un verre. Le contraste est accentué, ce qui permet
d'améliorer l'acuité.
II PRINCIPE
Il consiste à créer sur chaque dioptre du verre un système interferentiel
par dépot de couches minces de matériaux spécifiques d'indices différents
(fluore de magnésium, dioxyde de titane, dioxyde de silicium ou autres
oxydes métalliques). Ces couches permettent d'obtenir une lame quart
d'onde mettant en opposition de phase la lumière réflechie, essentiellement
pour des longueurs d'onde sensibles à l'œil et d'altérer les reflets
pour les autres longueurs d'onde.

Pour que les ondes réfléchies soient éteintes, il
faut que R1 et R2 soient en opposition de phase et qu'ils aient même
amplitude. Pour parvenir à ce résultat, il faut satisfaire à deux conditions
:

e est l'épaisseur de la couche d'oxyde
métallique à déposer, l
la longueur d'onde à éteindre, n l'indice de l'oxyde à
déposer, N l'indice du verre à traiter. Pour traiter un
verre d'indice 1,523, l'oxyde métallique devrait avoir un indice
n de
Le
matériau solide permettant une bonne adhérence d'indice
le plus proche est le fluorure de magnésium d'indice 1,38.¨Pour
une longueur d'onde de 5000Å, qui représente la plus grande
sensibilité de l'oeil., l'épaisseur de la couche sera
de 5000 /4x38 = 1000Å
III EXECUTION
Le procédé consiste à déposer sous vide (10-5 torr) des couches minces
d'oxydes métalliques avec une précision de l'angström. Dans des enceintes
hors poussières les lentilles sont d'abord nettoyées dans des chaînes
de lavage puis séchées aux ultrasons Elles sont montées dans des supports
qui entreront dans des cloches de traitement. Le vide est fait dans
les cloches afin d'obtenir l'évaporation (sublimation) de l'oxyde à
moins haute température. L'évaporation peut se faire par effet joule
en chauffant l'oxyde ou à l'aide d'un canon à électrons. Il faut parfaitement
contrôler la qualité et la mesure du vide, la vitesse d'évaporation
et les épaisseurs de couches déposées. Ces épaisseurs doivent bien sur
être uniformes.

CLOCHE A VIDE
IV MONO ET MULTICOUCHE
L'exemple précédent traitait sur une longueur d'onde. Si le traitement
est encore efficace aux alentours de cette longueur d'onde, il l'est
beaucoup moins quand on s'en éloigne. Si on en reste à un traitement
monocouche, l'intensité de la lumière réfléchie, bien que plus faible
que pour un verre non traité, se situe aux extrémités du spectre visible
(bleu + rouge). Ce qui explique la couleur résiduelle mauve ou pourpre
de ce traitement monocouche. Le traitement multicouche (à partir de
deux) est obtenu par empilement successif d'oxydes métalliques créant
des combinaisons de couches ¼ d'onde, ½ onde, ¼ d'onde. L'effet interférentiel
obtenu limite les effets résiduels aux extrémités. La technicité permettrait
de supprimer uniformément les reflets résiduels comme dans les traitements
achromatiques. Cette performance est laissée au verre fort indice pour
lesquels le traitement est obligatoire. Pour les autres verres, dans
un but commercial et de séduction (Le Singe Nu D.Morris), on laisse
un reflet résiduel qui varie selon les pays. On procède à une translation
de la pointe de la courbe multicouche ci-dessous. En France le jaune-vert
(Essilor) a été adopté (jusqu'à ce que la mode change). De plus le traitement
multicouche fait passer de 4% en mono à 0,8% la perte de transmission
par réflexion.
Remarque : Un même procédé par évaporation d'oxydes métalliques permet
la coloration en surface des lentilles et d'effet de miroir.

VI CONCLUSIONS
Les détracteurs des verres antireflets reproche l'aspect sale de verre
traité. Ce qui était vrai il y a quelques années l'est beaucoup moins
aujourd'hui. L'apport en surface de couches neutres à base de composés
fluorés (top coat) permet aux lentilles traitées d'être hydrophobes,
oléophobes. La couche d'oxyde métallique présentait au début l'inconvénient
de se fissurcr ce qui rendait rapidement le traitement inesthétique.
Un vernis nano-composite chargé de 50% de billes minérales est maintenant
déposé entre l'antireflet et la matière de base. Il agit comme un amortisseur.
Lors de la vente préciser que ces lentilles demandent plus d'entretien.
Ne jamais dire qu'elles sont plus salissantes ce qui engage de votre
responsabilité. C'est parce que le verre est plus transparent que l'on
remarque plus les traces de doigts ou autre. 30% seulement des équipements
français bénéficient du traitement antireflet, alors que 70% de nos
cousins germains en équipent leurs lunettes.
